Cette biennale a été créée sur une idée de Jean-Marie LECOMTE, photographe ardennais qui avait déjà conçu et animé le « Mai de la photographie » à Reims qui fut l’une des 3 grandes manifestations françaises autour de la photographie contemporaine avec Arles et Cahors. En 2006, c’est l’association Sedan Renaissance qui porte la biennale et Jean-Marie LECOMTE a passé le relais à Jacqueline SALMON et à Françoise MORIN pour la direction artistique. Ce Festival est l’occasion de « rassembler des œuvres, inscrites elle-même dans leur temps, on ne tente pas de donner une définition exhaustive, mais de qualifier « La Ville », de la cerner, de l’interroger, de rendre visible ce qui la constitue ».

Françoise Morin (assoc. Ville ouverte) et Jacqueline Salmon (association Photographie d’auteur) assurent la direction artistique et la programmation 2006 – 2008 sous la présidence de Francis Mansu.

Urbi Orbi - expo photo

Pour accueillir les différentes expositions, des « lieux forts » ont été privilégiés pour réfléchir (au propre et au figuré) sur la transformation de la cité. L’accent sera mis sur l’histoire avec notamment l’exposition « La ville en temps de guerre de 1870 à 1923 » et sur les quartiers avec par exemple des portraits d’habitants de l’avenue de la Marne à Sedan avant leur expulsion, ou des projections nocturnes sur les murs de la cour intérieure du Château fort de Sedan, signées Sabine BITTER et Sylvie de la DURE (architecte scénographe) témoignant de la rencontre de l’artiste avec les habitants des quartiers… Car cette année le festival s’enrichit encore avec une ouverture au cinéma : des projections de vidéos, de films et donc des animations sur les murs du château.

Télécharger le programme des expositions au format PDF sur le site du Comité Départemental des Ardennes

Il y a un temps de la ville qui n'est pas celui de l'homme

Dans Espèces d'espaces, Georges Pérec s'interrogeait sur la spécificité, l'âme de la ville : « Ne pas essayer de trouver trop vite une définition de la ville : c'est beaucoup trop gros, on a toutes les chances de se tromper. D'abord, faire l'inventaire de ce que l'on voit. Recenser ce dont on est sûr. Établir des distinctions élémentaires : par exemple entre ce qui est la ville et ce qui n'est pas la ville. S'intéresser à ce qui sépare la ville de ce qui n'est pas la ville. Regarder ce qui se passe quand la ville s'arrête...»

Forts de cette modestie, sont rassemblées des œuvres inscrites dans leur temps, le propos n'a pas été de donner une définition exhaustive de La Ville mais de la qualifier, de la cerner, de rendre visible ce qui la constitue. Il y a un temps de la ville qui n'est pas celui de l'homme. Constituée de couches plus ou moins fluides, la ville étale et superpose ses strates. L'histoire est sa quatrième dimension. Il y a : - le temps du projet (Cécile Carrus et Xavier Hubert)
- le temps de la construction Stéphane Couturier, Edith Roux)
- le temps de l'usage (Bernard Plossu, Thierry Chantegret, Colette Hyvrard, Valérie Jouve, Martine Locatelli, Laurent Monlaü)
- le temps de l'usure (Sabine Bitter, Anne Garde, Pierryl Peytavi, Hans Schabus)
- le temps de la destruction (Michel Denancé, Francis Mansu)
- le temps de l'Histoire et de la mémoire (Jocelyne Alloucherie, La ville en temps de guerre : 1870-1923)
En marge, comme en clin d'œil, en cette année de coupe du monde de Football, est aussi présent le temps du jeu (Mircea Cantor, Hans van der Meer, Pierre Schwartz)

Sedan Renaissance : Biennale de la photographie et de la ville Urbi et Orbi
L’Octroi
1 rue du Menil 08200
Tél. 03 24 27 73 73